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Douleurs et blessures

Tendinite au genou côté externe : qu’est-ce que le syndrome de l’essuie-glace ?

Par · 2 novembre 2026 · 6 min de lecture

Rouleau de massage et élastique de résistance posés près de chaussures de course

La douleur surgit toujours au même endroit, sur le côté du genou, à peu près au même moment de la sortie, puis s’efface au repos. Une tendinite au genou côté externe intrigue d’autant plus que rien ne s’est tordu et qu’aucun choc n’a eu lieu. Le sportif cherche ce qui a changé : le volume, le parcours, les chaussures, la selle du vélo. Tant que la cause reste inconnue, chaque sortie ressemble à un pari.

En bref

  • Le syndrome de l’essuie-glace est une tendinopathie de la bandelette ilio-tibiale : une douleur du côté externe du genou, décrite surtout chez les coureurs de fond et les cyclistes, liée à un conflit répété entre le bas du fascia lata et l’os de la cuisse lors des flexions-extensions.
  • Le repos doit être relatif et guidé par la règle de non-douleur : on arrête ce qui réveille la douleur, sans immobilisation complète.
  • Le renforcement excentrique et le gainage figurent parmi les seuls traitements qui font l’unanimité dans la littérature, d’après la Revue Médicale Suisse (2015) ; les infiltrations de corticoïdes ne sont pas recommandées.
  • Une tendinopathie mal prise en charge peut devenir chronique ; un blocage, un genou chaud et gonflé ou une douleur au repos imposent un avis médical.

Qu’est-ce que le syndrome de l’essuie-glace du genou ?

C’est une tendinopathie du tractus ilio-tibial, ou bandelette ilio-tibiale, que la Revue Médicale Suisse nomme aussi « runner’s knee ». Selon cette revue, la lésion résulte d’un conflit entre la partie inférieure du fascia lata et le condyle fémoral externe lors des mouvements répétés de flexion et d’extension du genou, d’où l’image de l’essuie-glace.

Elle touche principalement le coureur de fond, et Vidal y ajoute les cyclistes. Il ne faut pas la confondre avec le « genou du coureur » au sens du Manuel MSD, qui désigne une douleur à l’avant du genou, autour de la rotule : cette autre origine est traitée dans l’article sur la douleur au genou en course à pied.

Comment reconnaître cette douleur du côté externe ?

Elle se reconnaît par sa situation précise sur le côté du genou et par son lien avec l’effort. Vidal décrit pour les tendinopathies une douleur déclenchée par l’étirement passif, la contraction du muscle ou la pression de l’examinateur, avec parfois une sensation de frottement ou un bruit du tendon dans sa gaine. Le médecin peut rechercher le « test de l’essuie-glace », dit test de Renne, dont la positivité oriente le diagnostic.

L’évolution se repère à la place de la douleur dans l’effort, selon les stades de gravité décrits par Vidal pour les tendinopathies :

StadeCe que l’on ressent
1Douleur après l’effort, qui disparaît au repos
2Douleur pendant l’effort
3Douleur continue, gênante dans la vie quotidienne et le sport
4Rupture du tendon

Une douleur côté externe accompagnée d’un blocage ou d’une impression que le genou se dérobe relève d’une autre piste, notamment le ménisque ou les ligaments, d’après le Manuel MSD.

Quelles causes favorisent un syndrome de l’essuie-glace ?

Les causes cumulent des gestes répétitifs et un terrain mécanique défavorable. Vidal explique que les tendinopathies naissent surtout de gestes répétés qui sollicitent trop des tendons peu entraînés, mal échauffés ou fragilisés, la sédentarité et l’âge accentuant cette fragilité. Pour le tractus ilio-tibial, la Revue Médicale Suisse associe la lésion à une pronation excessive ou à une supination excessive du pied pendant la course.

La répétition des flexions-extensions du genou est donc le dénominateur commun, souvent associée à une pronation ou une supination excessive du pied et à un tendon peu préparé. Pour caler l’intensité d’une séance de reprise, l’article sur l’endurance fondamentale donne un repère d’allure.

Comment mettre le genou au repos sans tout arrêter ?

Le repos doit être relatif plutôt qu’absolu : la Revue Médicale Suisse précise qu’il se règle sur la règle de non-douleur, avec un transfert vers une activité qui ne sollicite pas le tendon touché. Vidal ajoute qu’après une courte période de repos total, éventuellement avec une attelle ou une orthèse, le repos devient relatif et l’intensité des efforts augmente progressivement sous le contrôle d’un kinésithérapeute.

La durée reste longue : la rééducation dure de 3 à 6 mois et la guérison complète d’une tendinopathie peut demander jusqu’à 6 mois de repos et de traitement, d’après Vidal. Côté médicaments, le froid peut soulager la douleur en phase aiguë, le paracétamol soulage à court terme sans aider la cicatrisation, et les anti-inflammatoires ne sont utiles qu’en cas d’inflammation de la gaine du tendon. Ces choix se font avec un médecin ou un pharmacien.

Quels exercices de renforcement et comment reprendre la course ?

Le renforcement excentrique associé au gainage est le traitement le mieux admis : la Revue Médicale Suisse indique qu’il peut débuter dès que l’étirement passif du tendon est indolore, et qu’avec le repos sportif il constitue les seuls traitements qui font l’unanimité. Vidal précise que la kinésithérapie emploie aussi des étirements doux, et que son but est de stimuler la formation de fibres de collagène alignées dans le sens du tendon.

Le Manuel MSD propose, pour le genou, des exercices que le kinésithérapeute adapte à chaque cas :

  • l’élévation de la jambe tendue, 3 séries de 10 répétitions une fois par jour ;
  • la rotation externe de la hanche, couché sur le côté, 3 séries de 10 répétitions ;
  • un étirement de la bandelette ilio-tibiale debout, à environ 30 cm d’un mur, maintenu 30 secondes, 4 fois de suite, 3 fois par jour.

La reprise de la course suit la règle de non-douleur : durée et fréquence augmentent progressivement. Pour la course d’endurance, Vidal recommande des terrains souples mais stables, de raccourcir les foulées en montée, de bien amortir en descente et de s’échauffer au moins 10 minutes à allure lente.

Quand consulter pour une douleur du côté externe du genou ?

Il faut consulter lorsque la douleur dure, survient au repos ou s’accompagne d’un blocage, d’un dérobement ou d’un genou chaud, rouge et gonflé. Une tendinopathie traitée de façon inadaptée peut devenir chronique : le tendon et sa gaine adhèrent, parfois se calcifient, et le tendon garde une force et une élasticité diminuées, selon Vidal.

Une douleur très vive d’apparition rapide avec un épanchement impose un bilan urgent pour exclure une infection, rappelle le Manuel MSD. Après un traumatisme, un bruit sec et brutal peut signaler une déchirure et doit être évalué, d’après la Revue Médicale Suisse.

Questions fréquentes

Tendinite ou tendinopathie : quelle différence ?

Le terme tendinopathie est préféré par Vidal, car l’examen microscopique d’un tendon douloureux montre une dégénérescence et non une inflammation. Le mot « tendinite » reste courant dans le langage de tous les jours.

Une infiltration de corticoïdes est-elle conseillée ?

Non. Vidal indique que les infiltrations de corticoïdes ne sont pas recommandées, car elles semblent retarder la guérison, et la Revue Médicale Suisse les déconseille pour la même raison. Les infiltrations de PRP sont parfois proposées, mais leur efficacité reste incertaine.

Le vélo est-il un bon moyen de rester actif ?

Pas nécessairement : Vidal cite les cyclistes parmi les personnes touchées, donc le pédalage peut réveiller la douleur. L’activité de remplacement se choisit selon la règle de non-douleur, comme le recommande la Revue Médicale Suisse, avec l’avis du kinésithérapeute.

La douleur peut-elle devenir chronique ?

Oui, si la tendinopathie n’est pas prise en charge de façon adaptée. Vidal décrit alors un tendon et une gaine collés l’un à l’autre, une raideur et une douleur persistantes, et un tendon qui ne retrouve jamais toute sa résistance. Un avis précoce limite ce risque.

La chirurgie est-elle envisagée ?

Seulement dans les cas les plus graves : Vidal indique qu’elle peut être envisagée si la tendinopathie persiste malgré le repos, les médicaments et la kinésithérapie. La rééducation reste alors indispensable après l’intervention.

Sources

Sources consultées le 30 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Vidal, « Les symptômes des tendinopathies », vidal.fr, mis à jour le 14 septembre 2023. Adresse : https://www.vidal.fr/maladies/appareil-locomoteur/tendinite/symptomes.html
  • Vidal, « Le traitement des tendinopathies », vidal.fr, mis à jour le 14 septembre 2023. Adresse : https://www.vidal.fr/maladies/appareil-locomoteur/tendinite/traitements.html
  • Vidal, « Tendinopathies (tendinites) : symptômes, causes, traitements et prévention », vidal.fr, mis à jour le 8 décembre 2023. Adresse : https://www.vidal.fr/maladies/appareil-locomoteur/tendinite.html
  • Gremion G., Zufferey P., « Tendinopathies du sportif : étiologie, diagnostic et traitement », Revue Médicale Suisse, n° 11, 11 mars 2015. Adresse : https://www.chuv.ch/fileadmin/sites/cms/documents/tendinopathies_du_sportif_-_etiologie__diagnostic_et_traitement.pdf
  • Manuel MSD, « Douleur du genou », édition professionnelle, msdmanuals.com, novembre 2025. Adresse : https://www.msdmanuals.com/fr/professional/blessures-empoisonnement/lésions-liées-au-sport/douleur-du-genou
  • Vidal, « Prévenir les accidents de course d’endurance », vidal.fr, 22 novembre 2022. Adresse : https://www.vidal.fr/sante/sport/prevention-accidents-sport/course-footing-jogging-cross.html

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